Les coutumes anciennes

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Sommaire
coutumes anciennes
Les quêtes et la quenouille
Le droit de passage
Le Pardon de st Jacques

Les quêtes et la quenouille
d'après un livr
e de Roger Le Deunf

Le lin a indéniablement marqué la vie de Locquirec, comme de toute la région de Morlaix. L'église a pu se construire et s'embellir grâce aux dons des familles paysannes ou de marins marchands enrichis par la culture du lin, l'industrie et le transport des toiles, même si ce fut dans une moindre mesure que le pays de Léon.
Au XVIIème siècle, la paroisse de Locquirec entreprit la construction d'une église capable de contenir sa population. Jusqu'alors, il n'y avait eu qu'une petite chapelle, largement insuffisante pour répondre à la croissance démographique. Pour se procurer l'argent nécessaire, la fabrique et l'assemblée des habitants décidèrent de former des confréries ... Les jours et les dimanches, trois hommes et deux femmes quêteront, et, comme l'argent était rare, les dons et les offrandes se feront en écheveaux de fil de lin. Ainsi, avec le produit de la quête, de 1640 à 1712, la population construisit l'église actuelle.
Cette forme de quêtes, ar c'hestoú, disparut vers les années 1920. Mais, ce n'est pas pour autant que la référence au lin s'évanouit. En effet, jusque vers 1960, persista la remise de la quenouille, ar gegel. Lors de la grand'messe, aussitôt que le prêtre eût chanté le Domine salvam fac rempublicam, les deux fabriciens-quêteurs saisissaient chacun une quenouille enrubannée de fil de lin et garnie d'un bouquet de fleurs artificielles, se dirigeaient vers les personnes repérées d'avance, lors de la quête. Ils inclinaient solennellement leurs quenouilles jusqu'à effleurer le visage. Le dimanche suivant, du haut de sa chaire, le recteur révélait le nom et l'offrande versée à la suite de cet hommage. (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Autrefois, les quêteurs étaient nommés pour un an, les quêteuses pour un mois. Celles-ci revêtaient pour la circonstance leurs plus beaux atours et se coiffaient de la cornette réservée aux grandes fêtes et au Pardon. Elles abandonnaient ce jour-là la toukenn, la coiffe du Trégor. Elles se procuraient des écheveaux de fil de lin, kudennoú neud, qu'elles ornaient de fleurs variées. Ainsi parées, tenant l'écheveau de lin sur le bras gauche, elles tendaient aux fidèles, de la main droite, une tasse d'argent où ils déposaient leur obole. Quand la tasse était pleine, elles choisissaient dans l'assistance une personne amie sur le tablier de laquelle elles versaient le contenu … et continuaient la quête. Cette coutume disparut bien avant la quenouille, sans doute lorsque la culture du lin périclita, c'est à dire après la première guerre mondiale.

Le droit de passage

Il est une autre coutume originale qui a disparu quelques années après la seconde guerre mondiale. Bien qu'elle accompagnât une cérémonie religieuse, elle ne profitait nullement à l'église. C'était un droit de passage exercé lors des mariages. Devant le cortège se rendant à l'église, les enfants du village tendaient une corde qu'ils avaient au préalable garnie de feuilles et de fleurs (de ronce, jadis, nous a-t-on dit !). Les futurs mariés, les parents, les garçons d'honneur … devaient alors déposer une pièce de monnaie dans les mains tendues, pour que la corde se baissât devant eux libérant le passage.
Une carte postale a immortalisé, le 13 mai 1905, la noce de Guillaume Jacob et de Anne-Marie Campion, qui furent boulangers dans la commune. (n.d.l.r. :nous avons trouvé cette carte, malheureusement petite, sur le site NotreFamille.com) On peut citer le nom des personnes reconnues : à gauche le douanier Pennec avec son béret de marin ; tenant la corde ; François Le Lay, futur tailleur et sacristain ; à l'autre bout de la corde et tendant la main, Yvonne Le Gros, future Madame Goasdoué ; derrière le marié, à droite, Roland, futur époux de Mlle Quénec'h ; à droite de la mariée, Médic Poupon ; à droite de l'homme au canotier, Roland Tanguy, père de Mme Joseph Kérampichon ; le visage un peu caché, la femme de Tanguy Vras du Varcq ; plus à droite, sous le casier de Jean-Marie, le pêcheur, Catou Lay ; à droite, sous le panier, Nanan ou Mme Cudennec de Pen ar Run.
Cette coutume de Locquirec n'était pas unique : on la retrouvait en Cornouaille ; mais à la différence d'ici, le droit de passage s'exerçait à l'entrée du pré où se tenait le repas et c'étaient les serveuses qui tendaient devant les jeunes époux la main et la corde sur laquelle pendaient les serviettes de table. Peut-être était-ce leur salaire qu'elles réclamaient ?
Signalons enfin une autre tradition qui se pratiquait aux portes de l'église et qui intéressait encore les jeunes locquirécois. A la sortie du baptême, pendant que les cloches sonnaient à toute volée l'arrivée d'un nouveau paroissien, les parents du bébé lançaient des poignées de dragées ou de menues pièces de monnaie aux enfants qui se précipitaient pour les ramasser.

 

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